Mobilité des demandeurs d'emploi et travailleurs

 I. La mobilité des demandeurs d'emploi

Objectif : Promouvoir le débat au sein des dispositifs d’insertion socio professionnelle afin d’encourager une vision dynamique sur le concept de mobilité.

Le second angle d’approche qui est envisagé concerne le demandeur d’emploi de manière plus directe puisque le projet à mettre en place doit permettre que la mobilité soit intégrée de manière systématique dans leur parcours d’insertion. La diversité des DE a pour conséquence directe de faire de leur mobilité une problématique variable et variée. Ainsi la mobilité ne peut pas être solutionnée par le simple accès au permis de conduire théorique. Des questions financières sont à intégrer à la problématique, l’acquisition de certaines capacités cognitives, la connaissance des services de mobilité, etc.

- Concrètement, une première étape consisterait à compiler les bonnes pratiques existantes en matière de mobilité (offre de services et formations) le recensement réalisé par la plate-forme « emploi-mobilité » pourra servir de base à cette recherche.

- Une seconde étape contribuera à améliorer les collaborations entre opérateurs pour que les « spécialistes de la mobilité » aient la possibilité d’intégrer leurs modules à d’autres formations de manière systématique (au même titre que la remise à niveau).

- Enfin, il faudra veiller à ce qu’une information claire et complète soit diffusée auprès des opérateurs concernant toutes les infrastructures existant sur le territoire et qui facilitent la mobilité.

L’approche orientée vers les DE sera développée dans un second temps, nous nous concentrons actuellement sur le développement d’un projet concernant les ZAE.

II. L'accessibilité des ZAE
Contexte général du projet

Etude realisée par le CSEF en 2007 

Enquête réalisée entre février et mai 2007 auprès d’acteurs de terrain en lien avec la mise à l’emploi.

-         80 questionnaires distribués auprès d’acteurs concernés par le sujet (Sociétés intérim, Forem Conseil, MIRHO, CEFA, SOS Dépannage…) - 55 répondants.

-         Etude exploratoire qualitative (8 entretiens).

Cette analyse sociologique a permis de mettre en évidence qu’il est indispensable de considérer la question de la mobilité comme multi dimensionnelle.

Etude commanditée par les intercommunales IDETA et IEG(²Schéma d’accessibilité et de mobilité pour la Wallonie picarde² ) permet de souligner que :

  • Les zones d’activités économiques de la Wallonie picarde concentrent près de 17,5 % de l’emploi total du territoire.
  • Ces zones respectent un certain équilibre territorial avec des implantations tant à l’ouest (Tournai, Mouscron) qu’à l’est (Ath, Ghislenghien, Lessines) ou au sud (Péruwelz, Bernissart) et le territoire de Comines. Cette bonne répartition est un atout tant pour l’offre d’emploi que pour les opportunités d’investissement et d’implantations des entreprises.
  • La situation des ZAE de notre région est aujourd’hui à saturation. Le « projet de région de Wallonie picarde » porté par le Conseil de développement soutien une démarche de renforcement des ZAE économiques du territoire afin de soutenir l’emploi (pour IDETA, l’emploi concentré sur les ZAE sera estimé à trois emplois sur quatre à l’horizon 2015). Le plan prioritaire d’extension et/ou de création de ZAE adopté par le Gouvernement wallon en 2004 concerne notre territoire (Tournai Ouest, Ghislenghien, Leuze, Pecq et Mouscron).

L’accessibilité des ZAE – Plusieurs constats

Au moment de l’implantation des ZAE, le choix a été de déterminer l’implantation de ces zones de manière décentralisée par rapport au centre ville, l’option étant d’optimaliser l’accessibilité des entreprises aux axes de communication pour leurs activités économiques (autoroutes, voies fluviales) tout en réduisant les nuisances éventuelles de proximité et favoriser une plus grande circulation des personnes et des marchandises.

Cette centralisation des entreprises dans les zones d’activités économiques provoque un renforcement de la problématique de la mobilité pour les travailleurs. Il apparaît en effet que, même si les ZAE génèrent de l’emploi, leur localisation engendre des difficultés pour accéder facilement au lieu de travail qui se renforcent d’autant plus lorsque cette mobilité concerne des emplois précaires, notamment l’intérim. La difficulté réside surtout chez les publics jeunes et les publics les plus éloignées de l’emploi.

Hors, la question de l’accessibilité au ZAE devient une condition incontournable pour l’accès à l’emploi, d’autant que les besoins de mobilité sont grandissants pour répondre aux exigences de flexibilité des employeurs.

De nombreux freins sont aujourd’hui clairement identifiés : congestion du trafic, stress, accidents, perte de temps, manque de desserte par les transports publics, étranglement des zonings, impacts sur l’environnement (émission de gaz à effet de serre, pollution de l’air, nuisance sonore, …). Ces freins deviennent contraignants pour les travailleurs qui désirent accéder à un emploi, mais également pour les entreprises qui se retrouvent face à des contraintes difficiles à résoudre.

Des réponses existent : Pour exemple :

-          renforcement des transports en commun,

-          création d’un système de navette gare-zoning,

-          promotion du covoiturage,

-          promotion d’utilisation de transports alternatifs (mobylettes, vélos),

-          formation à l’éco conduite,

-          promotion du télétravail …

Or, ces solutions sont souvent coûteuses et n’apportent pas toujours les réponses aux problèmes posés.

Toutefois la question d’accessibilité est délicate et multiple.

Parler d’accessibilité c’est :

-          parler de la mobilité des travailleurs vers, hors et à l’intérieur des zonings,

-          optimaliser l’activité économique en renforçant une meilleure mobilité dans, vers et hors des zonings,

-          envisager une mobilité respectueuse de l’environnement. 

-          prendre en compte la spécificité de l’implantation de la ZAE et des activités économiques qui la compose.

Les expériences démontrent que les réponses aux problèmes sont plus délicates et doivent s’envisager en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. Les réponses doivent se penser de manière plurielle. Par ailleurs, les solutions qui peuvent s’envisager ne dépendent pas toujours de la seule volonté des acteurs de terrain, certaines décisions devant être gérées par les pouvoirs locaux, voire régionaux.

Pour exemple :

-          renforcer les transports en commun ou utiliser des navettes sont des solutions si elles répondent réellement à un besoin collectif suffisant. Ce type de démarche exige également l’aménagement d’infrastructures spécifiques (arrêt de bus, stationnement réservé),

-          promouvoir l’utilisation des transports en commun ne doit pas engendrer l’enclavement des travailleurs au sein des ZAE. Il faut également envisager des services de proximité afin de maintenir une vie sociale (installation de crèches, restauration, magasins de premières nécessités…)

-          promouvoir le covoiturage est envisageable, faut-il encore que celui-ci soit réalisé en concertation avec l’employeur (aménagement horaire, parking réservé…),

-          promouvoir le transport alternatif du vélo est possible à partir du moment où les moyens et infrastructures sont prévus (pistes cyclables, parkings spécifiques, douches au sein des entreprises),

-          promouvoir une meilleure mobilité à l’intérieur des ZAE est possible si les signalisations sont régulièrement vérifiées.

-          …

Le CSEF réalise un diagnostic sur la ZAE de Ghislenghien:
Rapport final du diagnostic

 
 
 
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